Le super spécialiste a l’avenir pour lui

Niche, niche, niche, tel est le nom que le futuriste Howard Saunders a clamé la semaine dernière au cours d’un congrès consacré au retail. Les généralistes auront du mal s’ils ne parviennent pas à offrir quelque chose de spécial à leurs clients.

Le futuriste voit trois tendances dans le retail :

  1. Niche, niche, niche
    Ce ne sont plus les grands magasins, où la forêt vous cache les arbres, que vous verrez, mais de plus en plus des one-product-stores. Comme l’Egg Shop à New York : qu’il s’agisse du déjeuner, du dîner ou du souper, l’œuf joue un rôle principal dans chaque plat. Ou bien Hunter Boots à Londres. Un magasin s’articulant autour de bottes à tige haute, de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Ou la Weber Grill Academy à Berlin. Tout tourne ici autour du BBQ Weber. Mais vous pouvez non seulement le regarder, vous pouvez aussi l’essayer. Ou organiser un happening autour de lui. Pourvu que le BBQ joue le rôle central.
  2. We want a community
    En réaction à tout contact via whatsapp, twitter, sms, pinterest, snapchat, etc., les personnes se recherchent de plus en plus dans le vrai. Les voisins qui passent du jardin derrière la maison au jardin devant la maison, pour y dîner ou organiser un bbq ensemble. Ou les ISP (indépendants sans personnel) qui se rendent visite mutuellement dans des sandwicheries en ville. Le retail qui se rattache à ce besoin d’être ensemble a l’avenir pour lui. Il suffit de penser à la table de lecture dans la librairie, ou à un restaurant agrémenté de longues tables, où chacun peut prendre place.
  3. We want the real thing
    Plus de produits de masse, mais la chose spéciale et unique qui vous convient. Pas une montre, mais la montre, pas une saucisse, mais la saucisse.

Au cours de sa conférence, Howard Saunders se projetait jusqu’en 2035, mais aujourd’hui déjà nous voyons poindre ces tendances. J’ai pu moi-même évoquer un certain nombre d’exemples. C’est ainsi que récemment, j’étais à Louvain pour compter les passants. A la fin de la matinée, il y avait déjà une file jusque dans la rue chez Haute Würst. Sur quatre circuits de comptage, le public attendait jusqu’au dehors son petit pain exclusif fourré d’une saucisse. Ce spécialiste de l’alimentation est donc super populaire.

hautewurstmenu

Un peu plus loin, nous sommes tombés sur deux autres spécialistes louvanistes de l’alimentation : Balls’n glory et Soup Away. Ces noms sont déjà éloquents. On peut manger quelque chose sur place, emporter quelque chose à la maison ou se faire livrer des potages ou des boulettes.

balls&glory

Balls’n glory a été qualifié de meilleur foodconcept d’Europe en 2013.

 Et avez-vous déjà entendu parler d’Urban Wrap ? Ce bar à sandwiches a ouvert ses portes après l’été à Anvers.

urbanwrap-antwerpen

Aux Pays-Bas aussi nous voyons des spécialistes particuliers en alimentation. C’est ainsi qu’à Amsterdam, chez Ibericus, on peut trouver le jambon espagnol et que cet automne, 10 magasins de Pepernoten (nonettes) ont ouvert leur porte.

Dans De Hallen à Amsterdam, nous assistons à la réunion des trois tendances. C’est un lieu où se rencontrer, bien manger et profiter de produits uniques sont mis à l’avant-plan. On le revoit dans une combinaison de lieux de rencontre comme le café de lecture Belcampo, un cinéma ou le hall où l’on peut s’asseoir pour manger ensemble ou bien où un événement amusant peut avoir lieu. Ceci est entouré de stands culinaires spécialisés et de petites boutiques uniques. Niche, community and the real thing.

Les foodtrucks se rattachent parfaitement aussi à la tendance constatée par Howard Saunders. Ils vont même encore plus loin. Les foodtrucks n’attendent pas que les clients viennent à eux, mais vont à la rencontre des clients sur les festivals et les marchés particuliers. Ces entrepreneurs franchiront-ils aussi le pas vers un magasin/restaurant ? Ou préfèreront-ils rester mobiles ?


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